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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 13:13

Il est de retour !

Non pas le messi 
(mais si, mais non...)

Mais le seul, le vrai,

Le Maître de Rêves

Owenstorm-maitre-de-reve-buste1.jpg

Non ce n'est pas encore la suite de l'histoire
des Rêves Interdits.

Il est de retour en images
pour revendiquer
le Droit de Rêve !

Owenstorm-maitre-de-reve-buste2.jpg

Pour ceusses que ça intéresse
de nouvelles illustrations
sont à découvrir sur

Banniere-reves-immortels1.jpg

Je tiens ici également à faire
une spéciale dédicace
à mes trois Drôles de Dames
Lili, Sieglind et Frederianne
qui me soutiennent haut et fort
depuis le début de cette nouvelle aventure.
Merci à vous les Muses,
Gros bisous !
Merci également aux amis de passage
qui ont déposés leur griffe sur

ANNURËVE

A bientôt pour de nouvelles aventures
ici ou ailleurs...

Adûnä Faël

(illustrations ErwinPale - tout droits réservés)

16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 12:35

Les regards qu'ils s'échangèrent sans un mot pendant

les longues minutes qui suivirent en dirent bien plus

qu'un grand discours.

Puis Maël brisa de nouveau ce silence oppressant.

- "Aide moi à me relever mon ami. Aide moi et nous

affronterons ensemble ce qui semble être notre destin,

lié par je ne sais encore quelle magie. A moins qu'il ne

s'agisse là de quelque sorcellerie.

Allez du nerf, aide moi bon sang !"

Erwan malgré sa fêlure à l'esprit, ravala sa rancoeur

et s'exécuta d'un geste laborieux, le corps endolori

par ce voyage tumultueux.

Il souleva péniblement son ami qui n'était pas plus

vaillant. Ensemble bras dessus, bras dessous, se

soutenant l'un l'autre, tous deux dans un état

pitoyable mais la complicité retrouvée, ils se

rapprochèrent du rivage, les yeux absorbés par cette

immensité, ces eaux rassurantes et terrifiantes à la

fois qui s'épanchaient à perte de vue.

Le clapotis des vagues venant bercer leurs pas léchés

par l'écume déposée sur le sable comme un neigeux

manteau.

 Erwan le regard perdu au large fixait cet horizon

ombrageux et tentait désespérément d'en percer les

terribles mystères. Sans doute à la recherche d'un

indice qui puisse lui redonner un peu d'espoir.

Un murmure traversa le vent frais du matin.

- "Tant de questions m'assaillent sur mes véritables

origines à présent. Seulement saurai je un jour la

vérité ?

-  Je ne crains qu'elle n'arrive beaucoup plus vite

que tu ne le penses mon ami.

Et que celle ci ne soit difficile à comprendre.

- Encore un de tes petits secrets ?

- Non, juste une intuition

- Alors parle donc, au point ou j'en suis je suis prêt

à tout entendre, même les choses les plus absurdes.

Que sais tu de ma vraie mère au juste?"

Mal hésita un instant.

- "Et bien peu de chose en fait, sinon qu'elle m'a

demandé de veiller sur toi.

Piqué au vif Erwan s'esclaffa

- Ha je suis bien avancé avec ça au vu de notre

situation actuelle ! Mais une question me taraude,

dis moi plutôt ce que tu sais des liens de ce vieux fou

d'OwënStorm et de cette reine sortie de nulle part.

Cette fois Maël se pinça les lèvres avec une moue

dubitative.

- "Quoi ! Tu n'as pas encore compris ?

- Et que devrai je comprendre dans cet imbroglio ?

- OwënStorm... C'est le père de la reine Zhuleï...

Et par conséquent...

- Non d'un chien !

Hurla tout à coup Erwan dont le sang venait de lui

remonter jusqu'aux tempes.

- "Ce vieux roublard est mon grand-père !

Le jeune homme n'en revenait pas, abasourdi par

cette incroyable révélation il se sentit défaillir.

Les jambes flageolantes il du se rassoire pour accuser

le coup. Sous le choc d'autres souvenirs ressurgirent.

Toutes ces années passées aux côtés du vieux comme

il l'appelait, plus par taquinerie que par méchanceté,

cette complicité étrange qu'il avait noué avec ce vieil

instigateur, cette attention toute particulière que lui

portait le Maître de Rêves, entre privilèges et railleries,

ce statut à part qu'on lui octroyait sur l'Ile des Songes.

Tout ce temps écoulé dans le plus grand des secrets.

Erwan resta assis là un long moment, le regard penché

vers l'ailleurs, à ressasser les images du passé, à tenter

de reconstituer ce puzzle improbable dont il lui

manquait tant d'éléments, à tenter de comprendre

pourquoi lui avait on caché la vérité.

Que recélait toutes ces zones d'ombres autour de lui ?

Quel était le rôle de chacun dans cette histoire ?

Seul un homme semblait détenir la clé de cette énigme.

Le Maître de Rêves en personne, bien qu'il se doutait

que Maël en sache bien plus qu'il ne le prétendait.

Erwan reprit peu à peu ses esprits, il lança un regard

à son ami toujours debout près de lui, qui lui tendit la

main pour l'aider à se redresser.

- "Très bien puisqu'il en est ainsi, allons chercher la

vérité mon bon ami."

Maël l'air songeur prit une profonde inspiration.

- "Elle se cache quelque part au delà de cet océan."

Répondit il avec une grande émotion.

- "Nous avons déjà beaucoup perdus tous deux,

alors faisons en sorte de ne pas en perdre davantage.

J'ose espérer que l'avenir nous réserve des jours

meilleurs."

Malgré ses sombres pensées, Erwan esquissa un léger

sourire devant le ton si solennel de Maël et d'un geste

amical, sans prévenir, il frotta énergiquement la tête 

de son ami.

- " Tu es devenu bien sage depuis que l'on t'a rasé

ce foutu crâne, c'est fou ce qu'il y a là dedans !

De plus avec une bouille pareille tu veux encore me

faire croire que tu n'as pas changé ?"

A ces mots Maël écarquilla les yeux, les deux garçons

se jaugèrent à nouveaux puis ils ne purent s'empêcher

de rire, évacuant une partie du stress qui les accablait.

Il furent interrompus par le cri strident de La Luciole

qui faute d'information supplémentaire avait préféré

s'aventurer dans la végétation environnante.

- "Oyé les amis, j'ai trouvé une source d'eau douce.

Par ici !"

Les deux garçons se retournèrent d'un même élan.

- "Ha tu vois il y a quand même un ange gardien qui

veille sur toi !"

Lança Maël avec ironie.

- "Tu n'es pas mal loti non plus avec ton dragon"

Rétorqua Erwan le sourire malicieux.

- "A choisir j'aurai préféré ta charmante créature"

Répondit à nouveau Maël sans réfléchir, rougissant

après coup, quelque peu gêné par ce qu'il venait osé

de dire. Ce que remarqua aussitôt Erwan qui ne se

laissa pas berné un seul instant.

- "Ho toi tu as vraiment des choses à me dire. Allons

nous désaltérer, ça va t'aider à te délier la langue."

Sur ce Erwan envoya une grande tape dans le dos

de son ami qui faillit s'en étouffer.

Fin du chapitre 3 - A suivre...

(Texte et illustrations ErwinPale - Tous droits réservés)

7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 11:47

La Luciole éreintée par le terrible périple du vol des

dragons se recroquevilla dans le creux de la main

tremblante d'Erwan. Les cheveux ébouriffés et les

ailes fripées, la lumière qui émanait d'elle avait

disparue, laissant place à un corps terni comme usé

par les affres du temps. Sa silhouette même semblait

s'effacer et se fondre dans le décor sablonneux,

semant le trouble et l'inquiétude chez les deux amis.

Puis à la suite d'un très long soupir La Luciole

esquissa un large sourire ironique, peu à peu son

corps récupéra son enveloppe initiale et sans un mot

elle s'éloigna à contre coeur des deux humains

consternés.

Toutefois comme à son habitude elle ne put

s'empêcher de rester à bonne distance  pour les

espionner discrètement, bien qu'elle compatissait

aux malheur d'Erwan sa curiosité se portait davantage

sur le mystérieux Maël à présent. Elle tendit une

oreille attentive quand celui ci s'agenouilla finalement

face à son ami en proie avec le désespoir, le corps

recourbé sur lui même au point d'en avoir presque

la tête touchant le sol et agité de soubresauts de

douleurs.

Le soleil matinal déjà haut dans le ciel dessinait de

curieuses ombres sur le sable autour d'Erwan, donnant

l'illusion qu'un esprit malfaisant tentait de s'emparer de

l'âme du jeune gaillard, ce qui n'était pas loin d'être le

cas tellement Erwan paraissait tourmenté.

Maël tout aussi bouleversé, le visage creusé de fatigue,

les vêtements en piteux état,  tenta une approche en

douceur et posa délicatement un main réconfortante

sur la nuque de son ami.

Phénomène étrange, à ce moment précis les ombres

s'estompèrent sur le sable, laissant le Faëlor qui se

trouvait également à proximité, l'air dubitatif.

Un chuchotement à peine perceptible s'échappa des

lèvres de Maël.

- " Je suis désolé..."

Un grand silence pesant s'en suivit pendant de longues

minutes ou seul le bruit du vent venait troubler cet

instant de recueillement.

- " Tes paroles sont acerbes mon ami, mais je

comprends ta douleur et...

Je suis sincèrement désolé de tout ce qui arrive,

je suis navré de n'avoir pu sauver les nôtres...

Mais je crois que tu m'accordes bien plus de pouvoir

que je n'en possède réellement.

Et par là même tu sous estimes tes propres dons.

Le chagrin t'égare mon ami..."

Erwan intrigué, les yeux rougis, la mine défaite releva

subitement la tête.

- "Que veux tu dire ?

Maël inspira profondément en cherchant ses mots.

- "La perte d'un être cher est une terrible tragédie

et une redoutable épreuve, je suis bien placé pour

le savoir...

Mais réfléchis un peu, reprend tes esprits.

Nous sommes dans la même galère mon ami.

Tout autant que toi ces derniers événements me

dépassent, les choses m'échappent, je ne contrôle

rien, comme si ma propre vie m'échappait.

Je suis moi même pris dans ce terrible malstrom

où toute mon existence est remise en cause.

Un vaste trou noir d'où surgit subitement des choses

effroyables et des dons qui dépassent l'entendement.

Je ressens au plus profond de moi une douloureuse

déchirure accompagnée d'une puissance dévastatrice

que je ne peux maîtriser.

Comme si deux être à la fois distincts et semblables

s'opposaient, l'un me prodiguant de la force, l'autre

me dévorant mon énergie...

Je... Je suis fa... Je... J'ai... La tête qui tourne..."

Maël se coucha subitement sur le sable, comme

tétanisé de fatigue. Erwan se précipita instinctivement

sur son camarade pensant à une nouvelle crise.

Il se pencha au dessus de la tête de Maël pour

constater avec soulagement que celui ci était

simplement exténué.

Les deux amis se jaugèrent un instant, la lassitude se

lisait sur le visage de Maël, Erwan sécha ses larmes.

- "Je n'ai jamais pensé un seul instant que tu étais

responsable de tout ce marasme. Je me suis laissé

emporté par ma colère, la seule chose qui me reste

pour exprimer ce que je ressens en ce moment"

A suivre...

(Texte et ilustrations : ErwinPale - Tous droits réservés)

Clic sur les images pour agrandir.

13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 18:20

Adrâzaël sentant que sa petite troupe avait besoin d'un

peu de repos pour reprendre quelques forces, décida de

faire une halte à l'approche d'un îlot en vue.

Il s'assura une dernière fois qu'aucun autre danger ne

les menaçait et invita ses compères dragons à se poser.

A peine arrivé sur le plage, Erwan sortit de sa torpeur

et fut pris d'une telle fureur qu'il surprit tout le monde.

Il se précipita brusquement sur son ami Maël en hurlant

de tout sâoul.

- Tu le savais, tu le savais, tu le savais que c'était ma

mère ! Tu le savais et tu ne m'as rien dit !

Maël s'écroula à terre sous la violence de l'intervention

de son camarade qui continua de plus belle en le

malmenant en tous sens.

- Pourquoi as tu laissé faire ça ? Pourquoi sommes

partis comme des lâches ? Pourquoi les avons nous

tous abandonnés à leur sort ? Pourquoi as tu laissé

mourir ma mère ?

Kûgär Le Faëlor voulu intervenir pour séparer les

deux amis mais Adrâzaël s'interposa.

- Laisse faire jeune Faëlor, c'est une histoire que

ces deux se doivent de régler seuls !

L'homme-félin ne fit pas un pas de plus comme

figé par la voix du dragon qui avait subitement jailli

à l'intérieur de sa tête, il jeta un regard noir à

Adrâzaël pour lui faire part de sa désapprobation.

Et alors que dans sa colère déraisonnée Erwan

continuait à secouer son ami comme un prunier

sans que celui ne puisse esquisser le moindre geste

pour se défendre, une petite voix stridente bourdonna

à leurs oreilles.

- Bon ça suffit maintenant, vous voulez ma mort à

moi aussi ? Sortez moi de là bougres d'idiots

d'humains, je suis coincée !

- Par Arryl, La Luciole !

S'écria Maël en écarquillant les yeux tout en pointant

du doigt la poche de chemise de son compagnon qui

venait de s'illuminer.

Ce qui eut pour effet immédiat de stopper net la

colère de celui ci. Erwan sursauta sous l'effet de

la brûlure provoquée par la chaleur que dégagea la

La Luciole en s'éclairant. Il se laissa choir sur le sable

encore humide de la rosée du matin et entrouvrit sa

chemise pour remettre sa poche en ordre afin d'en

extirper La Luciole. Il la pris délicatement dans le

creux de sa main, puis relâchant la pression qui lui

pesait, il se mit à pleurer à chaudes larmes.

Attristée par l'état du jeune homme, La Luciole fut

prise d'une compassion inhabituelle à l'égard d'un

humain, car elle même fut alors consciente de son

propre sort dans cette histoire qui prenait une tournure

bien plus sérieuse qu'elle ne l'avait supposé au départ.

Sa mission de reconnaissance se transformant en un

périple aux multiples dangers, elle savait que sans

l'intervention des dragons elle aurait certainement subi

le même sort que l'équipage du navire royal.

L'appartenance d'Erwan ne faisant plus aucun doute,

il lui restait à découvrir ce qui le liait à ce point au bien

étrange Maël et surtout à la réelle finalité de sa mission.

Elle tenta bien de réconforter le jeune humain avec des

mots doux en espérant en tirer le bénéfice de quelque

information entre deux sanglots, mais c'est justement

Maël qui s'immisça promptement au beau milieu de

cette conversation à sens unique.

- Merci Gwynyll, je suis bien heureux de te voir saine

et sauve parmi nous, mais à présent je dois m'entretenir

seul avec Erwan.

- Tu vois je ne connaissais même pas ton vrai nom !

S'écria Erwan à l'adresse de la Luciole. Puis relevant la

tête il renchérit en jetant un regard cuisant à l'encontre

de son ami.

- Mais évidemment celui là sait toujours tout avant

les autres !

(Illustration 1 : Elian Black'Mor - Illustration 2 : John Emanuel Shannon)

A suivre...

 

 

9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 19:02

La terrible onde de choc déstabilisa fortement le vol des

dragons transportant Maël et ses compagnons vers leur

destiné. Mais ils réussirent tout de même à maintenir

leur cap entre ciel tumultueux et mer déchaînée pour

prendre suffisamment de distance afin d'écarter tout

danger immédiat.

Les dragons poursuivirent leur fuite en avant sans

interruption jusqu'à l'aube, alors que les paroles

démoniaques de l'entité infernale emplissaient encore

tous les esprits.

Erwan semblait le plus affecté de tous et malgré le froid

qui l'étreignait et sa position inconfortable enserré entre

les pattes solides se son sauveur, il ressassait en boucles

ces derniers instants terrifiants avant de s'échapper du

navire royal.

L'image de sa mère naturelle disparaissant sous les flots

avait déclenché en lui toute une série d'émotions bien

contradictoires, allant du désarroi le plus profond à la

rage la plus ultime. Mais ce qui revenait par dessus tout

c'était ce sentiment d'amour absolu qu'il avait décelé

dans le regard de la reine Zhuleï et qui lui fit ouvrir la

porte des souvenirs oubliés.

Lui revinrent alors en mémoire tous ces merveilleux

moments de sa prime enfance avant qu'il ne soit

emmené sur l'Ile des Songes par Maître OwënStorm.

Tous ces instants paisibles passés auprès de ceux qu'il

croyait être sa vraie famille à l'époque.

Tout l'amour partagé avec ces parents adoptifs et leurs

enfants qu'il considérait alors comme ses frères et

soeurs dans cette grande ferme agréable à vivre,

enchâssée entre forêt immense et montagne bien à

l'abri du monde extérieur.

Il se rappelait ainsi d'avoir été choyé et dorloté comme

le cadet de la famille, lui qu'on appelait "le petit" alors

qu'il dépassait d'une tête au moins tous ses aînés.

Il se souvenait de tous ces gamins un à un, une dizaine

en tout, notamment  le plus agité d'entre eux que l'on

nommait "Brûlle Poils" avec qui il avait partagé des

expériences pour le moins hors du commun.

Puis il se souvint  des autres choses et en particulier

de son statut favorisé au sein de cettte famille, étant

le seul enfant de cette troupe bigarée à recevoir des

des visites régulières.

 Bien sur il ne pouvait comprendre à cette époque ce

que tout cela signifiait  vraiment, mais à la lueur des

derniers événements il mesurait à présent l'ampleur de

tous ces moments vécus avec ces visites très

particulières. Car outre les passages réguliers de Maître

OwënStorm, considéré comme le seigneur de ces lieux,

Erwan avait droit de temps à autres à des visites

furtives d'un certain "Ami secret de la famille", presque

comme un oncle  appelé "Le Furet" par toute la bande

de gamins et qui l'emmenait bien plus souvent qu'à son

tour parcourir la vaste forêt alentour  et partageait avec

lui ses connaissances d'animiste et lui enseignait l'art

des grands anciens comme cet homme se plaisait à le

dire. Et il lui révéla ainsi entre l'âge de deux à quatre

ans bien des mystères de la nature afin de développer

les dons de perception qu'Erwan semblait avoir acquis

dès sa naissance.

A cette époque l'esprit vif du petit garçon mûrit

considérablement, ce qui le différencia très vite des

autres enfants du domaine et lui valu quelques

sobriquets passant pour "la bête curieuse" du groupe.

Jusqu'au jour ou ces visites cessèrent brusquement

sans aucune explication et Erwan passa alors le plus

clair de son temps à l'écart, errant seul dans la forêt

au grand dam de ses parents adoptifs qui s'inquiétèrent

de plus en plus pour sa santé mentale.

A l'aube de son cinquième anniversaire, au cours d'une

de ses nombreuses escapades solitaire il finit par

rencontrer une femme étrangement accoutrée, toute

vêtue de noir, le visage recouvert de turbans ne laissant

apparaître que ses grands yeux brillants.

Erwan loin d'avoir peur se sentit tout de suite en

confiance comme subjugué par ce regard intense et

se laissa entraîner jusqu'au coeur même de cette forêt

immense. Il en oublia toute notion du temps et

demeura plusieurs jours en compagnie de cette femme

mystérieuse qui lui conta de sa voix envoûtante maintes

légendes de ce monde en le berçant affectueusement

dans ses bras accueillants.

Mais l'alerte de sa disparition avait été donné et des

recherches étaient en cours, et contre toute attente

c'est Maître OwënStorm en personne qui le retrouva

allongé près d'un feu de camp tandis que la femme

mystérieuse était parti chasser.

Le Maître de Rêves n'avait pas dit un seul mot ni posé

aucune question, il se contenta simplement de déposer

un de ses objets étranges près du feu et emporta 

l'enfant avec lui. Erwan ne broncha pas non plus

s'attendant à de terribles remontrances mais au lieu de

ça le vieux sage lui fit traverser la mer jusqu'à l'Ile des

Songes.

Ainsi Erwan ne revit jamais sa famille, ni "le Furet",

ni cette femme bien étrange. Et dès lors il enfoui tous

ses souvenirs au plus profond de son être pour ne se

consacrer qu'à sa nouvelle vie et son nouvel ami Maël.

Mais à présent il savait que cette femme n'était autre

que sa mère la reine Zhuleï, de même qu'il était

persuadé que son visiteur insolite devait être son

véritable père.

 (Illustration 1 : Erwinpale - Illustration 2 : Linda Bergkvist)

A suivre...

 

 

 

16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 02:24

Quand Axxël Poing de fer revint à lui, tous ces regards

intrigués dirigés sur sa personne, il ne put contenir son

étonnement devant l'attention particulière que tous ces

gens inconnus lui portaient soudain.

Il ne réalisa pas tout de suite ce qui se passait vraiment.

Son subconscient semblait encore immergé dans les

eaux glacées du naufrage et les horreurs vécues lui

traversèrent de nouveau l'esprit.

Il revit cette scène affreuse ou tout avait basculé,

quand le Puissant des Mers s'était tout bonnement

pulvérisé sous l'ultime coup de boutoir de l'entité

diabolique. Son seul réflexe à cet instant fut celui de 

sauver lareine Zhuleï coûte que coûte, et il l'avait

attrapé de justesse en plein vol plané quand ils furent

projetés hors du navire.

Ils avaient plongés tous deux dans les eaux noires et

avec l'instinct de survie le colosse avait utilisé son

corps puissant comme une barrière pour protéger la

reine de l'avalanche de débris qui s'étaient abattus sur

eux. Mais malgré tous ses efforts Axxël ne put échappé

à l'énorme masse d'un des mâts brisés qui vint lui

percuter violemment le dos et malencontreusement lui

fit lâcher la prise de sa protégée.

Le colosse tenta alors tant bien que mal d'agripper la

tunique de la reine pour la retenir mais celle si se

déchira sous l'impulsion du choc et Zhuleï s'enfonça

comme un poids mort dans les profondeurs.

Dès cet instant le colosse n'avait cessé de se débattre

dans ce chaos, plongeant à maintes reprise sans

s'économiser, dans l'espoir de récupérer sa reine.

Il s'épuisa ainsi en vain des heures durant qui lui

parurent une éternité jusqu'à ce que toutes ses forces

l'abandonnent et qu'il sombre à son tour dans le néant.

Axxël écarquilla soudain les yeux et d'un geste vif saisit

le bras de Maître OwënStorm se tenant à son chevet et

qu'il reconnut enfin.

Et même s'il était muet l'expression de son visage à cet

instant parlait pour lui.

- Vous auriez du me laisser mourir Maître de Rêves !

Je n'ai plus d'honneur car j'ai échoué dans ma

mission !

- Comme tu y vas mon ami ! Tu n'es en rien à blâmer,

et il ne fait aucun doute que tu as tout essayé pour

sauver ma fille.

Tenta de le rassurer Maître OwënStorm d'une voix

se voulant apaisante malgré la grande émotion qui lui

enserrait le coeur.

- Ton honneur ne peut être remis en question ici, bien

au contraire, car les forces que vous avez affrontés toi

et tes compagnons dépassent de loin l'entendement de

l'humanité.

Mais le colosse ne l'entendait pas de cette oreille,

considérant sa propre survie comme un terrible échec.

Il s'anima alors dans une gestuelle frénétique pour

expliquer les terribles évènements à l'assemblée

incrédule et dont seul le Maître de Rêves semblait

comprendre la signification.

- Calme toi mon ami, je sais pertinemment qu'une telle

chose ne peut être acceptée dans ton peuple, mais ici

personne ne te tiendra rigueur de quoi que se soit.

Tu as fait ton devoir bien au delà de ce qui est

imaginable.

Le vieux sage retint sa respiration un long moment

tout en fixant intensément les yeux du colosse qui

restait là comme subitement hypnotisé et suspendu

aux lèvres du Maître de Rêves. Puis contre toute

attente un immense sourire illumina le visage d'Axxël

Poing de fer quand il entendit résonner dans sa tête

la voix solennelle d'OwënStorm.

- Et puis grâce à toi mon précieux ami nous tenons

peut-être une piste sérieuse quant au véritable

devenir de la reine Zhuleï.

Mais pour l'instant cela doit rester un secret entre

nous deux, c'est même d'une importance vitale,

comprends tu ?

Le colosse muet enlaça brusquement le Maître de

Rêves dans ses bras puissants, à presque l'étouffer

tellement il était heureux de cette nouvelle inespérée,

devant un équipage ébahi à qui tout avait échappé.

 

 A suivre...

 (Illustrations ErwinPale)

6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 13:35

Le jour se levait déjà quand le Loup des Mers arriva

enfin sur les lieux du naufrage après une course éperdue

menée tambour battant et toutes voiles dehors sur les

flots des Mers Etincelantes.

Maître OwënStorm le regard perçant sondait la surface

de l'océan jonchée de débris éparpillés sur plusieurs

milles à la ronde, seuls vestiges du navire royal le

Puissant des Mers. De nombreux cadavres flottaient

parmi ceux ci dans ce marasme indescriptible, offrant

une vision d'apocalypse aux hommes du Loup des

Mers, stupéfaits devant l'ampleur du désastre.

Le spectacle sordide de ces corps désarticulés,

démembrés, déchiquetés, brûlés vif pour certains,

témoignaient de l'extrême violence qui s'était abattue

en ces lieux la nuit durant.

Le Loup des Mers avançait très lentement à présent

dans un silence presque spectral, OwënStorm et

l'équipage se tenaient à l'affût de la moindre trace

d'éventuels survivants.

Deux chaloupes avaient été mises à flots pour

accompagner le galion dans ses recherches, Maître

OwënStorm et son frère Aëgnar étaient montés dans

l'une d'elle pour diriger les opérations de sauvetage

au plus près. Mais après plusieurs heures d'une fouille

minutieuse des alentours il ne semblait subsister aucun

espoir de retrouver âme qui vive.

- Qu'allons nous faire de tous ces corps ?

Demanda Aëgnar la gorge serrée, visiblement très

éprouvé par cette situation horrible. OwënStorm tout

aussi choqué mais qui gardait malgré tout au fond de

son coeur ce fol espoir de retrouver sa fille la reine

Zhuleï saine et sauve, lui répondit péniblement.

- Nous ne pouvons plus rien pour tous ces gens mon

frère, sinon de faire appel aux esprits des mers pour

que ces malheureux puissent reposer en paix.

Puis il fit un signe à Aläya la prêtresse d'Ekësha postée

à la proue du Loup des Mers qui entama une longue

litanie à la mémoire des disparus. Son chant céleste

calme et apaisant enveloppa peu à peu les environs

d'une aura indicible. Les hommes se recueillir et ne

purent retenir leurs larmes face au destin tragique de

leurs compagnons.

Un malaise de plus en plus profond s'empara alors

d'Aegnar qui ne put s'empêcher de penser à son fils

Ernör disparu lui aussi quelques années plus tôt dans

des circonstances étranges et dramatiques, et dont il

avait depuis toujours rejeté la responsabilité sur sa

propre nièce la reine Zhuleï.

Mais à présent devant le visage défait et désemparé

de son frère dont il percevait la douleur immense de

la perte de sa fille, il fut envahi de regrets et de remords

et de tant de doutes quant à son comportement injuste

et immodéré, et c'est un regard empli de compassion

qui croisa celui de son frère.

- Je sais à quoi tu penses vieux frère, et j'en suis

profondément désolé moi aussi.

Lui répondit simplement le Maître des Rêves.

Les deux vieux frère se jaugèrent ainsi un long instant

dans un profond silence quand soudain une clameur

s'éleva du galion.

- Un homme à la mer droit devant, il est vivant !

Tous les regards se braquèrent instantanément vers le

corps qui s'agitait parmi les débris et qui peinait à se

maintenir à la surface.

- Vite à vos rames, il est en train de se noyer !

S'écria vivement Aläya juchée à la proue du Loup

des Mers.

On ne voyait déjà plus qu'une main tendue hors de

l'eau quand la chaloupe d'Owënstorm s'approcha du

survivant. Des hommes plongèrent sans plus attendre

et il durent s'y reprendre à plusieurs reprises pour

hisser le corps immense du rescapé qui venait juste

de perdre connaissance.

Le Maître de Rêves reconnut aussitôt le colosse Axxël

le garde du corps de la reine Zhuleï, et son coeur faillit

sortir de sa poitrine tellement il cognait fort.

Peut-être que tout n'était pas perdu finalement.

(Illustration 1 : Jeanpepe - Illustration 2 : ErwinPale

13 septembre 2006 3 13 /09 /septembre /2006 23:53

Tandis que les deux compères Maël et Erwan

disparaissaient dans un ciel tourmenté, emmenés à la

vitesse du vent par Adrâzaël le grand dragon blanc et

ses fabuleux acolytes, l'entité démoniaque frustrée

et enragée par son échec laissa éclater toute sa haine.

Sa voix d'outre tombe tonitrua dans l'atmosphère à

des milles à la ronde, faisant trembler le monde

jusqu'au plus profond des abysses.

- Sois maudit Maël fils de chien ! Soyez damnés toi et

tous les tiens ! Ton sort est scellé au Maître des

Ombres et tu n'échapperas pas à son terrible

courroux !

L'élémental d'eau et de feu bouillonna de plus

belle pour ne former qu'un énorme visage de magma

suspendu au dessus de la mer, son corps emportant

le navire de la reine Zhuleï sous ses vagues cruelles.

Puis la masse incandescente explosa littéralement dans

dans les airs éclaboussant les alentours de ses

dernières forces meurtrières.

Un tourbillon infernal creusa l'océan emportant avec

lui les derniers survivants du Puissant des Mers sous

plusieurs tonnes de débris, l'un d'entre eux assomma

la reine Zhuleï qui s'évanouit sous le choc. Son corps

inconscient s'enfonça dans les eaux troubles et glacées

plongeant ainsi dans les profondeurs vers une mort

inéluctable.

Au bord de la noyade son subconscient déclencha

d'étranges sensations en elle, comme de l'apaisement,

son visage resplendit de volupté, souriant presque.

Des souvenirs des moments forts de son existence

lui revinrent alors soudainement en mémoire, ces

moments intenses de bonheur qui avaient emplis

sa jeunesse avant que le drame de sa vie ne vienne

lui enlever toutes ses illusions.

La silhouette de son seul et unique amour se dessina

peu à peu en son esprit endormi, celui là même par

qui le scandale était arrivé au sein de sa prestigieuse

famille, son propre cousin Ernör l'intrépide.

Puis les événements défilèrent comme un mirage,

du jour de ses quinze ans ou elle tomba follement

amoureuse de ce vaillant jeune homme promis à

un grand avenir royal et succomba à ses avances

réciproques à l'encontre des us et coutumes en

vigueur dans le royaume de Zhurkane, les unions

consanguines étant sévèrement comdamnées en ces

temps anciens même pour les plus nobles.

Ils vécurent ainsi leur amour secret et passionné à

l'insu de tous jusqu'au jour ou elle sentit grandir en

elle le fruit de leurs tendres ébats.

Vinrent ensuite quelques temps obscurs ou elle ne put

cacher plus avant sa grossesse et c'est Aëgnar le père

de son aimé qui ayant déjà quelques soupçons sur

les relations de son fils découvrit le sacrilège.

Le Grand Ordonnateur entra alors dans une telle

fureur que les deux amants n'eurent d'autre choix

que de s'exiler pour sauvegarder leur amour malsain

selon l'opinion en haut lieu.

Et contre toute attente dans sa fuite éperdue la jeune

princesse reçut le soutien improbable pensait elle

alors, du frère du Grand Ordonnateur, son propre père

OwënStorm le Maître de Rêves en personne.

Celui ci n'ayant pu se résoudre ni à condamner sa fille

ni à l'abandonner, il la guida vers des terres encore

inconnues au commun des mortels. Des contrées

étranges qu'il avait découvert peu avant au cours de

ses nombreuses explorations des Terres Immortelles.

Les deux amants vécurent cachés quelques temps

en ces contrées sauvages jusqu'à la naissance de

l'enfant Erwan et profitèrent pleinement de leur

nouveau bonheur pendant encore une année

entière. Mais au matin du premier anniversaire

d'Erwan, Maître OwënStorm se présenta avec

autorité et imposa une terrible épreuve aux deux

amoureux, la réhabilitation au royaume en échange

de l'enfant. Zhuleï lutta farouchement contre ce

qu'elle considérait comme une injustice mais son

père demeura impassible et plutôt persuasif à tel point

qu'Ernör n'osa intervenir se repentant même de sa

faute.

Le Maître de Rêves emporta l'enfant, laissant la

princesse Zhuleï dans une profonde détresse.

- Tel sera ton fardeau ma fille, mais saches que ce

n'est point pour te punir que j'agis ainsi, c'est

notre avenir à tous qui est en jeu ici.

Que les dieux te protègent ma fille bien aimée!

(Illustrations ErwinPale)

31 août 2006 4 31 /08 /août /2006 13:09

- Et bien quoi Adrâzaël ?

Insista le Grand Ordonnateur en agrippant son vieux

frère encore tout tremblant.

- Qu'est il arrivé bon sang ?

- Maël a fait appel au dragon ! Vite à l'embarcadère,

nous n'avons pas une minute à perdre !

Le Maître de Rêves toute sa vigueur subitement

retrouvée donna des ordres avec autorité pour que

l'on sonne l'alerte de ralliement sur le quai, puis sans

plus attendre sortit en trombes du temple d'Arryl.

Excédé Aëgnar couru derrière lui en pestant de plus

belle.

- Nom d'un crotale, c'est toujours la même chose

avec toi tête de mule !

- Pas le temps de palabrer, dépêchons nous, il n'est

peut être pas déjà trop tard !

Rétorqua OwënStorm sans se retourner, dévalant

à toute allure malgré son âge avancé la pente qui

menait à l'embarcadère.

- Trop tard pour quoi ?

Renchérit son frère qui avait un mal fou à le suivre

manquant de trébucher à chaque instant emporté par

l'élan de cette descente vertigineuse.

La corne d'alerte retentissait avec ampleur sur toute

l'Ile des Songes, le maître batelier et ses hommes

s'affairaient déjà avec entrain sur le Loup des Mers,

le plus ancien vaisseau de l'île mais surtout le plus

rapide de toute la flotte, quand les deux vieux frères

arrivèrent essoufflés sur le quai, Aëgnar évitant même

de justesse de s'affaler sur OwënStorm qui avait stoppé

net sa course juste devant lui.

-Et pour Erwan qu'en est il ?

Réussit à peine à demander le Grand Ordonnateur, le

corps plié, les mains sur les genoux tentant de reprendre

sa respiration.

- Erwan va bien pour autant que sache, c'est surtout

le sort de Zhuleï qui m'inquiète.

- Ta fille ?

- Oui ma fille, et ta nièce par la même occasion,

borné que tu es !

Lança sèchement le Maître de Rêves à son frère et

qui semblait en bien meilleure forme après cette course

effrénée. Sur ce OwënStorm détourna son regard vers

l'Observateur installé au sommet du temple d'Arryl

comme pour chercher un signal ou une indication.

- Et bien qu'attendons nous encore pour embarquer

dans ce cas !

S'impatienta Aëgnar quelque peu vexé par les

allusions de son frère.

- Nous avons besoin d'Aläya la prêtresse d'Ekësha

et de ses dons avec le Peuple des Mers si nous

voulons garder le moindre espoir de sauver Zhuleï

du naufrage mon frère !

Ces derniers mots tombèrent tel un couperet sur la

tête du Grand Ordonnateur qui de confusion en ravala

sa salive le plongeant dans une si profonde amertume 

qu'il ne rajouta plus rien d'autre jusqu'au départ du

Loup des Mers.

(Illustrations Jeanpepe)

 

22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 11:22

La silhouette irradiée du grand dragon blanc se dessina

peu à peu au coeur du ciel tumultueux parsemé de ses

nuages sombres et menaçants, lovés au dessus du

Puissant des Mers. Les ailes d'Adrâzaël se déployèrent

ostensiblement de façon démesurée écartant l'épaisse

masse orageuse et laissant apparaître à la suite du

dragon deux autres créatures tout aussi fascinantes

qui semblaient jaillir de nulle part.

Les trois dragons piquèrent sur l'entité qui menaçait

le navire et tournoyèrent d'un vol effréné dans les airs

pour tenter de repousser l'être infernal. Mais malgré

tous les efforts déployés devant l'ampleur de ce 

phénomène, ils comprirent bien vite qu'il ne pourraient

ni venir à bout de ses forces surnaturelles, ni empêcher

le désastre imminent.

Maël soulagé par l'apparition des dragons, relâcha

quelque peu sa concentration et mis à profit cette

diversion inespérée pour faire reculer vers l'arrière

du galion ce qui restait de son malheureux équipage

et de la garde de la reine disséminés ça et là sur le pont.

Zhuleï se redressa à son tour et releva son fils Erwan

qui la fixa d'un regard intense empli de confusion et

d'interrogation abasourdi par les révélations de cette

femme qui se proclamait être sa mère. Sentant le

malaise du jeune homme et prise par l'urgence de la

situation, Zhuleï devança un éventuel flot de questions

et empoigna Erwan sans ménagement pour le faire

s'activer vers l'arrière avec les autres.

- Pour les explications, nous verrons cela plus tard

mon fils !

Erwan sidéré par tant d'autorité à son égard n'eut

pas le temps de rétorquer quoi que ce soit, qu'il fut

aussitôt alerté par Maël d'une nouvelle offensive de

l'entité. Celle ci éxédée par l'intervention inopinée

des dragons redoubla de colère et fit monter en

intensité ses eaux assassines qui percutèrent la proue

du bâtiment royal avec une telle sauvagerie qu'elles

en disloquèrent totalement le pont avant, projetant

une multitude de débris dans les airs, éparpillant

corps et matériaux dans la mer.

L'espoir de sortir indemne de ce marasme venait

de voler en éclats pour le petit groupe qui s'était

réfugié sur le pont arrière et qui tentait par tous les

moyens de s'accrocher à ce qu'il restait du navire

pourtant réputé indestructible. La fin du Puissant

des Mers était inéluctable, il s'enfonçait dans les

eaux bouillonnantes à une vitesse vertigineuse, plus

rien ne semblait pouvoir arrêter cette descente aux

enfers.

Pendant que ses deux complices essayaient encore

de retarder l'échéance, Adrâzaël s'approcha au dessus

de Maël à bout de force, suspendu à un morceau de

de voilure.

- Il faut partir maintenant jeune Maël, nous sommes

impuissants contre la colère de ce démon !

- Je ne peux pas les abandonner !

Implora le jeune homme tétanisé en observant ses

compagnons se débattre désespérément contre

l'inévitable pour ne pas sombrer dans le trou béant

des eaux noires qui s'ouvrait sous eux.

- Tu ne peux plus rien pour eux, tu as fait tout ce

que tu as pu ! Il est temps à présent si tu ne veux

pas périr à ton tour !

Maël croisa le regard résigné de la reine Zhuleï qui

paraissait accepter son destin. Les yeux du jeune

homme s'embuèrent de quelques larmes quand

résonna dans sa tête la supplique de cette femme

extraordinaire de courage qui ne pensait en cet 

instant qu'à protéger la vie de son fils.

- Va Maël, sauve mon fils et protège le ! Il te faut

poursuivre ta quête pour le salut de nos âmes !

Erwan même s'il n'avait pu entendre les paroles

de sa soit disant mère, n'avait rien raté de cet

échange et son intuition innée lui révéla ce qui

allait se passer. Il fut soudain arraché du cordage

auquel il s'était agrippé par l'un des dragons qui

accompagnaient Adrâzaël et sous les ordres de la

reine Zhuleï, Kûgär le Faëlor bondit sur le dos du

second dragon qui suivait juste derrière. Adrâzaël

lui, s'empara de Maël malgré ses protestations.

- Je suis désolé ! S'écria le jeune homme en pleurs

à l'adresse de la reine.

- Va Maël, va et ne te retournes pas !

Une dernière lame de fond broya le Puissant des Mers

entraînant le reste de l'équipage avec lui.

Le coeur d'Erwan se brisa de douleur au même instant

terrorisé et désarmé, il hurla de rage emporté vers les

cieux par la créature ailée.

- Mère !!!

 

 ( illustration 1 Ciruello - illustration 2 ErwinPale )

A suivre...